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« Les yeux bleus de la mer nordique, les cheveux flammés, le teint laiteux tâché de soleil dénoncent l’Irlandaise chez cette jeune femme. Mais si l’Irlandaise naît en Nouvelle-Calédonie, au bord de la mer de Corail, dans cette île en forme de pain où les mines de nickel le disputent au baroquisme de la végétation, et si elle vit son enfance aux Nouvelles Hébrides, de sucrcoît chez les soeurs de Saint-Joseph de Cluny, nous voilà devant un personnage de roman que son compatriote Francis Carco, né comme elle à Nouméa, eût surnommé l’Irlandaise des Tropiques. Telle est Gemmanick. Naturellement peintre.

J’aime de tels doubles jeux de la biographie. Taine avait raison : hérédité, moment, milieu. De ces contrastes du destin – ou du hasard – naissent les vocations, et mieux encore s’affirment les personnalités. Dans ces conditions exceptionnelles, la personnalité de Gemmanick, double fille sauvage, deux fois îlienne, ne pouvait être qu’éclatante, surtout si l’on tient compte de la “sauvagerie” des filles d’Erin qui l’a menée à la peinture sans musée et sans professeur, en découvrant tout elle-même. »

Armand Lanoux de l’Académie Goncourt